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« Et si un soir, une rencontre inoubliable » – Lecture musicale du 14/04/2018

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Deux visiteurs impromptus font irruption un soir dans un salon de musique : une femme, romancière, un Homme, musicien. Deux êtres dont les vies se sont croisées, nourries l’une de l’autre pendant près de neuf années. George Sand et Frédéric Chopin à travers leurs histoires nous donnent alors à entendre un peu de ce Chant du Monde de ce 19ème siècle, frémissant et vibrant de tous ses devenirs, conservateur et progressiste à la fois. Sophie Galland fera résonner Frédéric Chopin par ce piano dont on a dit qu’il fut à la fois « son berceau et son cercueil », Gérald Joubert fera parler l’une et l’autre, l’un de l’autre, par ce qu’on a dit d’eux, par ce qui en est resté et restera sans doute.

Un immense merci aux Pianos Croses (Guilherand Granges) qui nous accueillent gracieusement dans leurs locaux.

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Naissance d’amour…

« Quand George Sand (1804-1876) et Frédéric Chopin se rencontrent à la fin de l’année 1836, tous les deux ont déjà acquis une renommée dans le monde des lettres et dans le monde de la musique. Chopin a 26 ans, elle en a 32. On retrouve dans ces lettres les caractères de ces deux artistes si différents et si proches à la fois. Le grand pianiste polonais installé en France est sensible, bon, aimant et apprécié de tous. Il a sa place dans les salons les plus fameux. 

Aurore Dudevant (alias George Sand) a publié un certain nombre de romans et nouvelles, Indiana et Melchior en 1832. Lélia en 1833, Mauprat en 1837, entre autres. Et des feuilletons dans la  Revue des Deux Mondes. Mariée à l’âge de dix-huit ans avec Casimir Dudevant, elle en aura deux enfants, Maurice et Solange, régulièrement évoqués dans les lettres de Majorque. Mais le mariage ne l’intéresse plus. Elle est surtout connue pour ses nombreuses liaisons. Parmi lesquelles on compte Alfred de Musset, le médecin Pagello, Prosper Mérimée, et plus encore qui se succèdent avec scandale.

… Contrarié…

En 1836, Chopin est promis à la polonaise Marie Wodzinska, mais durant l’été 1837, la famille de la jeune fille rompt les fiançailles. C’est durant cette période qu’il compose le Scherzo en si bémol mineur. Par l’intermédiaire de Liszt et de Marie d’Agoult, Chopin est présenté à George Sand. Si la belle Aurore tombe immédiatement amoureuse de lui, bien qu’elle ait une liaison avec le jeune auteur dramatique Félicien Mallefille, il est retenu par un amour plus distant, encore blessé par son chagrin. Dans la première lettre qu’il écrit à sa famille concernant George Sand en 1836, ses impressions sont plutôt désagréables.  On lit : «  (…) J’ai fait la connaissance d’une grande célébrité : Madame Dudevant, connue sous le nom de George Sand ; mais son visage ne m’est pas sympathique et ne m’a pas plu du tout. Il y a même en elle quelque chose qui m’éloigne.(…) »

George Sand trépigne. Le 23 mai 1838, elle écrit à la Comtesse Marliani qu’elle souffre de l’incertitude du musicien, non sans un certain humour : « Chère belle, j’ai reçu vos bonnes lettres et je tarde à vous répondre à fond parce que vous savez que le temps est variable dans la saison des amours (style Dorat). On dit beaucoup de oui, de non, de si, de mais dans une semaine, et souvent on dit le matin : décidément ceci est intolérable, pour dire le soir : en vérité c’est le bonheur suprême. J’attends donc pour vous écrire tout de bon que mon baromètre marque quelque chose de stable du moins de certain pour un temps quelconque. (…) ». (Source La Plume de l’Oiseau-Lyre)

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